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vie ; vous vous ennuyez, vous vivez trop seul, vous vous persuadez que personne ne vous apprécie et ne s’intéresse à vous ; vous vous trompez, vous êtes très-cher à Roger,… et à moi encore plus. Voici ce que je vous propose d’accepter…

Et, comme je faisais un geste de crainte :

— Oh ! n’ayez pas peur ! je ne vous offre aucun don, je vous connais ! Je veux seulement changer votre genre de vie, qui vous pousse à la consomption. Je veux que vous soyez notre hôte de tous les jours, c’est-à-dire que vous veniez dîner avec moi, Roger et M. Ferras. Vous ferez ensuite votre partie d’échecs. J’apprendrai, cela m’intéressera beaucoup. Ne résistez pas. Je sais ce que vous voulez dire : M. de Flamarande blâmera cette intimité. Il sera très-facile de la suspendre pendant les rares et courtes apparitions qu’il fait ici, et, si quelque autre personne s’offusque de me voir traiter amicalement l’homme savant et doux qui forme l’intelligence de mon fils, l’homme délicat et dévoué qui dirige les intérêts de sa vie matérielle, je vous assure que je ne me donnerai pas la peine de répondre. Dans la solitude où je vis, j’ai besoin de société, et je n’en puis trouver de plus convenable et de plus légitime. Vous savez que, quand Roger s’absente, je mange avec Hélène, et personne ne le trouve mauvais. Eh bien, nous ferons table commune, et nous formerons ainsi une famille de braves gens aussi parfaitement élevés les uns que