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m’ébranla, et je craignis qu’elle ne m’arrachât tous mes secrets.

— Je supplie madame la comtesse, répondis-je, de ne pas m’interroger en ce moment où je me sens très-abattu ; un autre jour…

— Comme vous voudrez, reprit-elle. Ne parlons pas de moi, parlons de vous. Je vous vois très-malade en effet, et par une cause toute morale que je crois deviner. Vous me savez informée des événements de Sévines, et vous croyez que je ne vous pardonne pas le désespoir que vous m’avez causé. Eh bien, je vous l’ai pardonné absolument aussitôt que j’ai su par la Niçoise les soins que vous avez eus pour mon pauvre enfant ; c’est elle qui a raconté comment, elle et vous, vous vous étiez prêtés à l’enlèvement pour éviter quelque chose de pire. C’est elle qui nous a révélé la déclaration de M. de Flamarande, que vous lui avez montrée. Vous l’aviez exigée, cette déclaration, elle aussi a voulu en avoir connaissance. Vous l’avez toujours… Je ne vous la demande pas, elle est dans vos mains, je suis tranquille. Vous ne m’accusiez pas, vous ! vous saviez, vous disiez que mon mari était en proie à un accès de folie. Quand il demanda à voir l’enfant, cette nourrice crut qu’il voulait… Ah ! mon Dieu, c’est affreux ! mais elle m’a dit que vous l’observiez et que vous avez sauvé mon fils. Après cela, comment ne vous aimerais-je pas, Charles ? Vous avez été bien habile à dissimuler, c’est vrai, vous m’avez