Ouvrir le menu principal
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


se donnerait la peine d’écouter de lui-même et de résumer quoi que ce soit par un effort de sa volonté eût été illusoire. L’effort du cerveau lui était inconnu, on s’était donné trop de mal pour lui en épargner un peu. Il comptait là-dessus, et disait naïvement à l’abbé :

— Pourvu que maman comprenne, c’est tout ce qu’il faut.

M. de Flamarande avait paru chérir son fils dans les premières années ; mais, quand il le vit si léger, si impétueux au plaisir et si peu capable de raisonnement suivi, il le mortifia par ses reproches ironiques. L’enfant prit peur de lui, et la peur est un éloignement. À mesure que les absences de son père prirent plus de fréquence et de durée, il l’oublia si bien qu’il était comme étonné quand il le revoyait. Le comte trouva donc froid et gauche cet enfant si expansif, si aimable et si séduisant avec les autres. Il eût aimé à être fier de lui, et il ne voyait de lui que ses défauts. Peut-être songea-t-il à l’emmener pour l’instruire à sa guise ; mais madame parut résolue à le suivre, et sans doute la femme illégitime n’eût point goûté cet arrangement. Il n’en fut plus question.

J’avais résolu de ne parler jamais de moi que quand je serais mêlé aux événements de la famille de Flamarande, et, comme il ne s’en passa pas de remarquable durant les premières années de ma gestion, je comptais me passer sous silence depuis