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pouvais m’enfuir ; mais une idée qui traversa mon cerveau m’arrêta. Cette construction, qui portait dans les actes de vente le nom significatif de Refuge bien avant que M. de Salcède l’eût acquise, avait dû servir ou être destinée à servir de refuge en effet aux défenseurs du manoir en cas d’envahissement. Là, comme dans beaucoup d’autres forteresses de ce genre, il devait exister une communication secrète entre elle et le donjon. J’étais certain désormais d’avoir vu Salcède à Flamarande en 1845, déguisé en paysan. Je me rappelais l’avoir vu disparaître non loin du manoir, comme s’il eût percé le rocher. La communication souterraine, soit qu’elle eût été déblayée, soit qu’elle fût demeurée intacte depuis des temps reculés, devait donc exister encore, et elle avait dû servir récemment à madame de Flamarande pour entrer dans le donjon et pour en sortir sans être vue. L’entrée du passage devait être la maison même où je me trouvais, car, en lisant l’acte, je n’avais pu m’expliquer certains mots relatifs à un passage et à une entrée dont Salcède revendiquait l’usage exclusif et la propriété. Il fallait le chercher, ce chemin mystérieux, et m’en servir pour opérer ma retraite. Il ne fut pas difficile à trouver dans le parquet du salon sous une des peaux de mouton qui, jetées les unes près des autres, formaient un tapis non cousu et non fixé. La trappe était légère et sans ressort ni serrure. Elle ouvrait sur un marchepied de bois