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cident. C’est volontairement que je vous ai manqué de parole. Je ne pensais pas que vous vous plaindriez de mon absence. Ah ! pardonnez-moi de souffrir ! vous m’avez entraînée dans un système d’héroïsme qui souvent dépasse mes forces. J’y persisterai, soyez tranquille ; mais laissez-moi pleurer seule, et ne vous en inquiétez pas. Vous avez été heureux, vous l’êtes… C’est en même temps mon désespoir et ma consolation. »


Je cherchai en vain dans toute la correspondance une autre allusion à ce rendez-vous. Je dus me contenter de cette preuve, qui avait à mes yeux une grande importance.

Les lettres de 1848 et 49 ne me révélèrent aucune nouvelle entrevue de la comtesse avec Salcède ou avec Gaston ; mais elles trahissaient la passion, conçue ou rallumée, de madame Rolande pour Salcède, passion exaltée, mystique, qu’elle interprétait dans le sens d’une reconnaissance toute maternelle, mais qui ne donnait pas le change à la clairvoyante Berthe, car la comtesse lui disait :


« Non, non, ne faites pas fausse route, mon amie, je n’ai point pour lui le sentiment que vous appelez amour, et, si c’est ce sentiment-là qu’il a jadis éprouvé pour moi et qui m’a été si fatal,