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n’avait fait que la moitié du chemin. Après mon départ de Flamarande, on lui avait conduit son fils à Marseille, elle l’avait embrassé avec ivresse ; mais Salcède n’était pas là, il avait craint de la revoir, sa passion étant plus vive que jamais. On avait donné pour prétexte à madame qu’il jugeait sa présence au rendez-vous trop dangereuse pour elle au cas où ce voyage serait découvert. Elle n’avait vu avec l’enfant que la baronne et Ambroise. Michelin, pour consentir à laisser voyager l’enfant, avait été mis dans la confidence jusqu’à un certain point. Il pensait que Salcède était son parent et connaissait sa mère. Il avait été si bien récompensé de son adoption et de ses soins, qu’il ne craignait plus rien et se fiait absolument à Salcède.

J’arrivai bientôt, par la lecture de ces lettres, à l’époque du fameux rendez-vous au bois de Boulogne. Salcède étant venu à Paris secrètement, la comtesse avait insisté pour le remercier elle-même. Il paraissait avoir beaucoup repoussé cette entrevue malgré le violent désir qu’il avait de s’y rendre. Il craignait pour la réputation de la comtesse et n’avait cédé qu’à la condition que la baronne serait présente ; mais la baronne n’y alla pas. Elle lui avait écrit le lendemain une lettre fort significative.

« Non ! je n’ai pas eu le courage de vous voir à ses pieds, voilà tout ! Il ne m’est arrivé aucun ac-