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graines, des caisses, des malles, des armes et des chaussures de chasse ; aucune adresse sur les caisses, aucune malle dont je connusse l’origine, aucun carton, aucun vestige de la présence d’une femme.

Je redescendis au cabinet de travail. Je ne voyais de lit nulle part, je découvris enfin celui du naturaliste, caché par un panneau mobile de sa bibliothèque et formant alcôve dans l’épaisseur de la muraille. Ce lit, assez recherché, trahissait un reste des habitudes de l’homme du monde. Ce n’était point Ambroise qui couchait là.

Au salon, même perquisition me fit découvrir une alcôve pareille derrière un panneau de boiserie et un lit encore plus recherché avec oreiller, draps blancs très-fins pliés sur le matelas de grosse soie blanche, oreiller garni de dentelles, couvre-pieds de satin ouaté de duvet. C’était bien là le lit d’une femme élégante ; mais pas un chiffon, pas un ruban, pas une épingle oubliée.

Je remontai chez Salcède et portai toute mon attention, d’abord sur la grande table ; devant le fauteuil, un livre ouvert ; devant la chaise élevée, un cahier à moitié écrit d’une écriture enfantine très-ferme et d’une orthographe presque irréprochable ; sur la couverture le nom d’Espérance. C’était un cahier de dictées. Le gros livre était un traité de géologie.

Pas de doutes possibles. M. de Salcède s’était fait le précepteur de Gaston. Gaston venait là tous