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qu’on appelait verdures d’Auvergne. Cela devait provenir du château de Flamarande, où j’en avais vu de semblables servant de tentures de lit dans les chambres occupées par les fermiers.

Je montai sans bruit et me trouvai en face d’une porte entr’ouverte. J’avançai la tête. Je vis une pièce déserte, très-simplement décorée, mais d’un goût et d’un confort qui n’étaient pas le fait d’une famille de paysans. Il n’y avait qu’une chambre à chaque étage. Celle-ci pouvait servir à la fois de salon et de réfectoire. Je l’examinai curieusement. Cette partie de l’édifice était entièrement neuve. Une seule fenêtre qui, par parenthèse était ouverte, sans aucune espèce d’ornement extérieur, éclairait discrètement ce réduit, capitonné en toile grise, bordé de torsades et de glands bleus. Une bonne cheminée de lave doublée de fonte était pleine de fagots et de pommes de pin qui devaient prendre feu en un instant. Les meubles étaient pareils à la tenture ; aucune gravure, aucun tableau, rien qui pût trahir les souvenirs ou les goûts du propriétaire ; sur le carreau formé de laves, un épais tapis de peaux de mouton à longue laine, bien blanc et tout neuf, comme tout le reste de l’ameublement.

De la fenêtre, on dominait tout le paysage et tout le petit enclos. Je constatai encore qu’il n’y avait pour tout jardin que le sol vierge de la montagne avec ses ruisselets capricieux et sa magnifique végétation. Quelques sentiers sinueux, des