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moment de son mariage ; il se fût réjoui de l’avoir pour garçon d’honneur.

Là-dessus, on allait se quitter, lorsque madame voulut mettre pied à terre pour se dégourdir les jambes, et nous descendîmes tous.

— Voyons, dit M. le comte au marquis, tu n’es pas si pressé que de ne pouvoir rebrousser chemin pendant dix minutes. Offre ton bras à madame de Flamarande et dis-nous, puisque tu viens de passer là, en quel état nous allons trouver ce vieux nid de vautours.

— Je vous accompagnerai tant qu’il vous plaira, reprit Salcède ; mais je n’offrirai pas mon bras dans la tenue où je suis ; je vous suivrai pour vous donner les renseignements nécessaires.

Les hommes les plus sérieux ont leur côté frivole, et le comte se fit un malin, un dangereux amusement d’insister pour que sa femme prît le bras du touriste.

— Vous saurez, ma chère amie, lui dit-il, que Salcède est un ours et que vous devez m’aider à l’apprivoiser. Il est si bien plongé dans l’étude des simples, qu’il est resté simple et pur comme la fleur des champs. Il a peur du beau sexe ; nous l’avons toujours plaisanté là-dessus, et il ne se défend pas d’être un sauvage, je crois même qu’il s’en vante.

En badinant ainsi, il força son ami à conduire sa femme, ce que du reste M. de Salcède fit avec