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de feutre mou tout déformé par la pluie, et portant une boîte verte passée en sautoir, avec cela des mains hâlées et des chaussures impossibles. Derrière lui venait un montagnard ayant sur ses épaules un bagage que j’avais pris d’abord pour un sac de marchandises.

Ce personnage problématique était le jeune marquis Alphonse de Salcède, ami d’enfance du comte de Flamarande. Celui-ci l’embrassa cordialement et le présenta à sa femme en lui disant :

— C’est une amitié héréditaire ; son père et le mien s’aimaient tendrement. C’est de lui que je vous ai souvent parlé en vous disant qu’il était plus jeune que moi, mais plus mûr que son âge, car, vous le voyez, au lieu de vivre dans le monde, où il pourrait faire grande figure, il court les montagnes en touriste et en savant. Je vous demande votre bienveillance pour lui.

Madame fit un beau sourire au voyageur et lui demanda si on aurait le plaisir de le voir à Montesparre, où l’on se proposait de se rendre le surlendemain, aussitôt qu’on aurait visité le vieux manoir de Flamarande. M. de Salcède répondit qu’il se rendait de ce pas à Montesparre, où il comptait passer plusieurs semaines, pour se reposer de trois mois de voyages pédestres dans le midi de la France et le nord de l’Italie.

Monsieur lui reprocha d’avoir été absent au