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XLIV


Dans les premiers temps, après le rendez-vous que j’avais surpris et l’explication que j’avais tenté de provoquer, madame la comtesse, toutes les fois que je me trouvai en sa présence, me témoigna de la bienveillance et s’informa avec intérêt de ma santé, qui était redevenue chancelante. J’espérais lui inspirer un peu d’effroi ; mais, quand elle vit l’air contraint dont je recevais ses avances, elle reprit son grand air d’indifférence ou d’impassibilité.

Trois ans s’écoulèrent ainsi, moi la surveillant toujours, elle n’y prenant pas garde et déjouant toutes mes ruses par la franchise apparente d’une conduite exemplaire. Il est vrai qu’à Paris seulement, durant l’hiver, elle était obligée à cette prudence ; elle passait tous les étés dans sa terre de Ménouville en Normandie, et là elle n’était guère surveillée, car M. le comte n’aimait pas beaucoup ce