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demande grâce. Je pardonnerai, je lui prouverai que je suis quelque chose de plus qu’un bonhomme et un estimable domestique.

Dès le lendemain, j’allai voir la Niçoise pour savoir si, dès le temps où Gaston était avec elle dans sa montagne, elle n’avait pas été tâtée et questionnée par des étrangers. La Niçoise habitait Villebon à cinq lieues de Paris. Elle y était propriétaire et envoyait ses fruits et ses légumes à la halle. Je lui servais régulièrement sa rente, car, en outre du capital qui lui avait été donné pour s’établir, M. le comte lui faisait une pension pour porter un nom d’emprunt et ne jamais se faire connaître.

J’étais sans inquiétude sur son compte. Elle m’avait prouvé sa discrétion, et elle avait trop d’intérêt à se taire pour y manquer. Je ne l’avais pas vue depuis six mois et n’avais pas entendu parler d’elle. J’appris avec surprise qu’elle avait vendu sa maisonnette et son jardin. Elle avait quitté la campagne, on ne savait pas son adresse. Pourtant, à force de questionner et de m’informer, je découvris qu’elle habitait Paris, rue Neuve-des-Mathurins, 19. J’y courus le soir même, m’étonnant de n’avoir pas été averti par elle de ce changement de domicile.

Je fus introduit dans un joli petit appartement fraîchement décoré et trouvai ma Niçoise en robe de soie, coiffée en cheveux et chaussée comme une vraie Parisienne. Ce n’était plus une villageoise, c’était une petite rentière, vivant sagement et ne