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II


J’ai dit ce qui précède pour n’avoir plus à y revenir et pour expliquer comment je me résignai à une condition servile sans avoir rien de servile dans le caractère.

M. le comte Adalbert de Flamarande avait trente-cinq ans lorsque je m’attachai à lui ; moi, j’en avais trente-six. Il était fort bien de sa personne, mais il avait une mauvaise santé. Il était riche de plus de trois millions de capital et venait d’épouser mademoiselle Rolande de Rolmont, riche au plus de cinq cent mille francs, mais douée d’une beauté incomparable. Elle avait à peine seize ans. C’était, disait-on, un mariage d’amour. Adalbert de Flamarande était né jaloux. Je dois dire toute la vérité sur son compte. Je n’ai point connu d’homme plus soupçonneux. Aussi était-on très-fier lorsqu’il vous accordait sa confiance, et on se sentait jaloux soi-même de la conquérir.