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chelin n’aiment pas qu’on parle de ça et n’iront jamais aux informations, soyez-en sûr.

— Ce serait donc un secret de leur famille ?

— Point. Ils ne savent pas d’où sort le petit ; mais je gage qu’ils sont bien payés pour en prendre soin, car ils y tiennent et ne le laissent pas courir dans la montagne. Ils ont crainte qu’il ne leur soit volé et que d’autres n’en aient le profit.

J’écoutais d’un air d’indifférence, mais avec des battements de cœur.

— Vous prétendez le connaître ? dis-je à Yvoine en lui remplissant son verre.

Il l’avala d’un trait, en homme qui ne craint pas de parler plus qu’il ne veut, et, sans répondre, il regarda Gaston attentivement après lui avoir levé la tête ; puis il l’embrassa en couvrant cette petite figure de son épaisse barbe grise, hérissée comme le dos d’un sanglier en colère.

— Il est gentil, pas vrai ? me dit-il en se retournant vers moi avec son air moitié bienveillant, moitié malicieux.

— Très-gentil, répondis-je, et… vous le connaissez ?


— Je le connais, comme vous le connaissez vous-même.

— Moi ? mais je ne le connais pas !

— Eh bien, regardez-le, et vous le connaîtrez. Ça d’abord… ces mains-là, et ces petits pieds, ça n’est pas de notre race, à nous autres, c’est de la