Ouvrir le menu principal
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


manque, mais de faire tenir ce qui reste. J’ai mon cousin le maçon qui travaillera ça pour le mieux.

Quand Yvoine flairait un marché quelconque, il était ardent et tenace. Il voulut absolument m’engager à faire affaire avec lui et je fus forcé de lui dire que j’en parlerais à M. le comte.

— Laisse donc M. Charles tranquille, lui dit Michelin. Tu es fou de croire que M. le comte voudra dépenser quoi que ce soit pour une ruine où il est venu une fois, et où il ne reviendra sans doute jamais.

— Eh bien, reprit Ambroise avec feu, s’il est indifférent à M. le comte que vous soyez écrasés par les ruines de son manoir, cela vous fait quelque chose à vous autres. Écoutez, père Michelin, chef de la famille, vous n’avez pas l’intention de faire estropier votre monde. Donnez-moi le droit d’habiter le donjon pour le restant de mes jours, et je le répare à mon compte sans qu’il vous en coûte un sou.

— Voilà une drôle d’idée, répondit le vieillard. Tu demeurerais quelque part, toi ?

— Je suis las de vivre sur les chemins et de coucher souvent à la fraîche étoile. Me voilà vieux, sans famille, et je n’en suis pas à demander l’aumône. Laissez-moi demeurer auprès de vous. Je payerai mon loyer en tenant la tour en bon état de réparation, et, pour la nourriture, je vous fournirai plus de gibier que vous n’en pourrez manger.