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Flamarande et repartir le lendemain matin. Je ne dissimulais pas Gaston, assis à mes côtés. Il devait passer pour mon fils.

Je n’avais pu trouver un bon cheval. Celui qui nous conduisait paraissait très-fatigué quand nous arrivâmes au cabaret de la Violette, situé au détour de la route, en face du chemin de Flamarande. Je n’avais pas dit au conducteur où j’allais précisément. J’avais annoncé une journée de six à huit lieues. L’habitude de compter par kilomètres n’était pas encore populaire dans les campagnes, et la lieue de pays était une mesure vague qui prêtait à contestation. Aussi, quand j’ordonnai à mon homme d’entrer dans la montagne, il discuta, prétendit avoir fait plus de dix lieues, et déclara que son cheval n’irait pas plus loin ce jour-là. Je pouvais très-bien coucher à la Violette, qui était là devant nous, un bon gîte, disait-il, bien qu’il ne payât pas de mine. Je m’y refusai, et pour avoir raison de sa résistance, je lui permis de faire reposer son cheval et de boire un verre de vin à la Violette, bien qu’il m’eût déjà fait faire à mi-chemin une halte de deux heures. Je demandai une tasse de lait pour Gaston. J’avais apporté des gâteaux, je le fis manger et m’armai de patience.

L’endroit était triste, un véritable désert de bruyères, sur un sol si tourmenté qu’on n’apercevait à perte de vue ni cabanes ni troupeaux. La route, n’étant, à vrai dire, qu’un chemin d’utilité commu-