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pauvre petit exilé. Moi, je pensais racheter ma complicité dans cette ténébreuse affaire en me préoccupant de Gaston, comme s’il eût dû porter un jour le nom de Flamarande et retrouver sa mère.

Le lendemain matin, ayant veillé à tout, tout prévu, et remis à la nourrice une somme assez ronde pour payer son silence, je remontai dans ma voiture, et, conformément aux derniers paragraphes de mes instructions, je pris la poste pour l’Italie et m’en allai louer et préparer une villa aux environs de Pérouse, sur les bords du beau lac de Trasimène. Là, je devais attendre l’arrivée de mes maîtres.

Tel fut l’accomplissement du projet hardi et bizarre que le comte avait formé d’ensevelir vivant le fils de sa femme et de le faire passer pour mort dans l’inondation de Sévines. J’avais jugé ce projet irréalisable, mais le succès dépassa de beaucoup mes prévisions, car des années devaient s’écouler avant que le secret fût éventé.

Trois semaines après mon installation au lac de Pérouse, je reçus une lettre qui m’annonçait l’arrivée du comte pour la fin de la semaine, et qui se terminait par ces mots : « Veillez à tout, conformément à mes instructions, derniers paragraphes. »

Je compris qu’il s’agissait de l’enfant, et je relus attentivement le thème relatif à mon départ de Sévines. Je devais ignorer absolument la disparition de l’enfant, puisqu’il était censé englouti par