Ouvrir le menu principal

Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 5.djvu/67

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


de bonne harmonie complète entre le physique et le moral. Ce moment n’arrive guère quand on le cherche avec trop d’effort, parce que le corps en souffre et refuse au cerveau ses forces vitales. C’est pourquoi je te dis de faire comme moi.

Ça ne va pas ? Allons-nous promener, oublions, dormons ; ça viendra demain au moment où je n’y penserai plus. J’ai quelquefois trouvé ce que je cherchais la veille, en cherchant autre chose le lendemain.


DLXXV

À M. ÉDOUARD RODRIGUES, À PARIS


Palaiseau, vendredi soir, 29 octobre 1864.


Cher ami,

Je ne sors pas de mon petit jardin, où je fais planter et déplanter, et je n’écris guère, c’est vrai ! figurez-vous tous les préparatifs indispensables pour une installation d’hiver, et plus la maison est petite, plus il est difficile d’y être bien sans de grands soins. Nous arriverons à y avoir chaud ; il est bien nécessaire de n’avoir pas les doigts engourdis pour griffonner. Je me plais on ne peut plus dans ce petit coin. Pourtant je vais passer quinze jours auprès de mes pauvres enfants à Nohant. Ils ne s’y habituent guère sans moi,