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comme en état d’idiotisme. Il faut laisser faire la nature. Elle veut cela. Mais combattez l’amertume, mes pauvres enfants. Ayez le malheur doux et n’accusez pas Dieu. Il vous a donné un an de bonheur et d’espoir. Il a repris dans son sein, qui est l’amour universel, le bien qu’il vous avait donné. Il vous le rendra sous d’autres traits. Nous aimerons, nous souffrirons, nous espérerons, nous craindrons, nous serons pleins de joie, de terreurs, en un mot nous vivrons encore, puisque la vie est comme cela un terrible mélange. Aimons-nous, appuyons-nous les uns sur les autres. Je vous embrasse mille fois. Maillard va s’occuper et s’occupe déjà de vous chercher un gîte qui nous rapproche.

Écrivez un petit mot amical à lui et à Camille Leclère[1], dans quelques jours. Suivez ses prescriptions, reprenez vos forces et remettez-vous l’esprit avant de travailler de nouveau pour l’avenir. Soignez-vous l’un l’autre au moral et au physique. Et, si l’ennui ne diminue pas là-bas, revenez ici. Parlez-moi de vous, de vos courses ; mais, si vous n’avez pas le temps pour les détails, donnez-moi au moins de vos nouvelles en deux mots. Cela m’est bien nécessaire pour me remonter !

Ne vous navrez pas à écrire notre malheur. J’avertirai tout le monde, on vous écrira.

  1. Docteur-médecin.