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Dans quelques semaines, il viendront me rejoindre ici, et j’espère que leurs pensées se seront tournées vers l’avenir.

Moi, je suis partie, laissant des épreuves à corriger et je suis revenue par l’express ce matin à cinq heures. Vous pensez qu’à mon âge, c’est rude. Mais cette fatigue et cette dépense d’énergie m’ont soutenue au moral, et j’ai pu remonter l’esprit de ces pauvres malheureux. Le plus frappé est Maurice. Il s’était acharné à sauver son enfant. Il le soignait jour et nuit sans fermer l’œil. Il le croyait sauvé ; il m’écrivait victoire. Une rechute terrible a fait échouer tous les soins. Enfin, il faut supporter cela aussi !

Ne vous inquiétez pas de nous. Le plus rude est passé. À présent, la réflexion sera amère pendant bien longtemps. M. Dudevant a été aussi affecté qu’il peut l’être et m’a témoigné beaucoup d’amitié.

Embrassez pour moi votre chère femme. Je sais qu’elle pleurera avec nous, elle qui était si bonne pour ce pauvre petit. — Antoine dînait chez moi à Palaiseau le jour où j’ai reçu le télégramme d’alarme. Il a couru pour nous. Mais, malgré son aide et celle de M. Maillard, je n’ai pu partir le soir même ; l’express ne correspond pas avec Palaiseau.

Adieu, mon bon ami ; à vous de cœur.

G. S.