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Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 5.djvu/391

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vous-même. Vous n’êtes donc pas en danger de devenir la proie des inquisiteurs du corps et de l’âme. N’ayez pas cette crainte : la crainte est un vertige qui nous attire dans le péril imaginaire. Supprimez ce vertige, il n’y a plus de péril.

Quant à l’emploi de votre fortune, c’est une question d’examen autour de vous. Il y a tant de misères intéressantes et dignes ! À votre place, je ne serais pas embarrassée, vous avez su faire le bien toute votre vie, vous le saurez jusqu’à la dernière heure.

Mais vous souffrez, vous êtes dans une crise d’étouffement. Tout le monde a de ces crises où tout froisse et déplaît, vous les ressentez plus vives, parce que votre intelligence s’en rend compte et que votre vie est peut-être un peu monotone. Est-ce que les voyages vous fatiguent ? Il me semble qu’une excursion de temps en temps, dans un beau pays quelconque, vous ferait grand bien. Avec les chemins de fer, on peut maintenant voyager sans fatigue en s’arrêtant souvent. Le voyage à petites journées est encore très agréable et très sain. L’ami artiste que vous avez près de vous doit être très capable de vous piloter et de vous accompagner.

J’ai reçu votre volume, et je vous en remercie bien. J’ai peu de temps pour lire ; mais j’ai commencé et je suis charmée des premières nouvelles. J’y retrouve votre bonté et votre grand sentiment de justice.

Croyez que je vous suis dévouée et même atta-