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Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 5.djvu/376

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DCCXXIX

À M. EDMOND PLAUCHUT, À PARIS


Nohant, 3 avril 1870.


Favre est parti ce matin, nous laissant tout à fait tranquilles sur Maurice, qui est sorti au jardin tantôt pour la première fois. Quant à Lolo, elle nous tourmente encore un peu, par ses retours de fièvre ; mais, s’il y avait danger, notre docteur ne serait pas parti. Voilà ce dont je suis sûre, c’est un dévoué et un bon ; de plus, c’est un médecin de génie ; de plus encore, c’est un homme à part, qui ne veut pas gagner d’argent, et que l’on offenserait en lui parlant de salaire.

Nous avons parlé de tout et de tous, durant les dix jours qu’il a passés ici (veillant toutes les nuits nos malades), et naturellement nous avons parlé de toi. Il sait que tu as été chez lui pour le renseigner sur le voyage, et il désire te voir et te connaître. Je lui ai donné ton adresse et je te renouvelle la sienne : rue de Rivoli, 69.

Il parle beaucoup, beaucoup, et d’une façon étincelante, parfois obscure, tout à coup claire comme le jour et probante. C’est surtout en physiologie qu’il est merveilleux. Il vous donnerait une santé à toute épreuve si on lui rendait bien compte de soi et si on