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Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 5.djvu/373

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Moi, je ne fais pas de satires : j’ignore même ce que c’est. Je ne fais pas non plus de portraits : ce n’est pas mon état. J’invente. Le public, qui ne sait pas en quoi consiste l’invention, veut voir partout des modèles. Il se trompe et rabaisse l’art.

Voilà ma réponse sincère. Je n’ai que le temps de la mettre à la poste.

G. SAND.


DCCXXVIII

AU MÊME, À CROISSET


Nohant, 30 mars 1870.
Nuit de mercredi à jeudi, trois heures du matin.


Ah ! mon cher vieux, que j’ai passé douze tristes jours ! Maurice a été très malade. Toujours ces affreuses angines, qui d’abord ne paraissent rien et qui se compliquent d’abcès et tendent à devenir couenneuses. Il n’a pas été en danger, mais toujours en danger de danger, et des souffrances cruelles, extinction de voix, impossibilité d’avaler ; toutes les angoisses attachées aux violents maux de gorge que tu connais bien, puisque tu sors d’en prendre. Chez lui, ce mal tend toujours au pire, et la muqueuse a été si souvent le siège du même mal, qu’elle manque d’énergie pour réagir. Avec cela, peu ou point de fièvre,