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Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 5.djvu/317

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mourir notre pauvre Calamatta. Sa petite femme a été bien éprouvée. Enfin, on se calme. Ils ont deux fillettes si charmantes ! La grâce, la douceur, l’intelligence de l’aînée sont incroyables pour son âge.

À bientôt, cher ami. N’oubliez pas qu’à Paris, je demeure rue Gay Lussac 5, bien près de vous.

G. SAND.


DCXCVIII

À MAURICE SAND, À NOHANT


Paris, 14 mai 1869.


On se croirait en 1848 depuis hier. On chante la Marseillaise à tue-tête dans les rues, et personne ne dit rien. Ce soir, quelques centaines d’étudiants, suivis de quelques blouses, ont passé trois fois sur mon boulevard, en chantant… faux comme toujours.

La Marseillaise ne viendra jamais à bout d’être chantée juste. Les boutiquiers, toujours braves, se sont hâtés de fermer boutique. Les réunions électorales sont très orageuses, et la police est très modérée jusqu’ici ; cela pourra-t-il durer ? Il y a quelque chose dans l’air. Le public peut-il agir contre la troupe ? Il serait écrasé. Mais le gouvernement peut-il sévir contre le public électoral ? Ce serait jouer son va-tout. On en est là.