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Je t’embrasse tendrement, ainsi que ta petite maman. Donne-moi signe de vie. Le roman avance-t-il ?


DCLXXXII

À M. ALEXANDRE DUMAS FILS, À PUYS


Nohant, 31 octobre 1868.


Cher fils,

Je ne sais pas plus que vous pourquoi la presse s’est tant déchaînée de tous les côtés contre Cadio : ceci d’un côté ; — de l’autre, l’immense personnel de la féerie, qui ne veut pas de littérature à la Porte-Saint-Martin et qui, par les filles nues, a tant de ramifications au dehors ; Roger, qui faisait mal à voir et à entendre ; Thuillier trop malade ; le directeur, qui s’était fait trop d’illusions et qui a jeté le manche après la cognée ; les titis, qui ne trouvaient pas leur compte de coups de fusil et ne comprenaient pas Mélingue bon et vrai ; que sais-je ? La pièce n’a pas fait d’argent et la voilà finie ; mais je la crois bonne tout de même.

Il me semble que le travail de Paul Meurice est excellent. Je trouve que l’idée du livre était une idée. Donc, il n’y a pas de honte et les affronts ne nous atteignent pas. Gagner de l’argent n’est que la question secondaire ; n’en pas gagner, c’est l’éventualité qu’il faut toujours admettre.