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Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 5.djvu/236

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toi qui ne parles pas d’arriver. Ce serait si bon pourtant !

Je t’embrasse.

G. SAND.


DCLVII

AU MÊME


Nohant, 5 décembre 1867.


Ton vieux troubadour est infect, j’en conviens. Il a travaillé comme un bœuf, pour avoir de quoi s’en aller, cet hiver, au golfe Jouan, et, au moment de partir, il voudrait rester. Il a de l’ennui de quitter ses enfants et la petite Aurore ; mais il souffre du froid, il a peur de l’anémie et il croit faire son devoir en allant chercher une terre que la neige ne rende pas impraticable, et un ciel sous lequel on puisse respirer sans avoir des aiguilles dans le poumon.

Voilà.

Il a pensé à toi, probablement plus que toi à lui ; car il a le travail bête et facile, et sa pensée trotte ailleurs, bien loin de lui et de sa tâche, quand sa main est lasse d’écrire. Toi, tu travailles pour de vrai et tu t’absorbes, et tu n’as pas dû entendre mon esprit, qui a fait plus d’une fois toc toc à la porte de ton cabinet