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faudra probablement faire les frais de sa première publication. Aucune recommandation ne lui servira quand il s’agira, pour un marchand de littérature, de risquer une somme quelconque. Les revues et les journaux littéraires sont encombrés de poésie et en consomment fort peu. Ils n’accepteront pas le côté pamphlétaire de la chose. C’est trop hardi pour eux, et, d’ailleurs, ils ne le pourraient pas. Je ne vois donc pas comment je pourrais être utile à ses débuts.

Quant à la vie littéraire, je ne la connais pas. Je ne connais pas de milieu littéraire où elle s’exprime et se manifeste de manière à lui être accessible avant qu’il ait fait preuve de maturité ; — c’est-à-dire que je ne connais intimement que des vieux comme moi.

Résume tout cela à sa famille et à lui comme tu l’entendras. Pour être utile aux gens, il faut les connaître et savoir leur présenter les choses ; autrement, on les blesse sans les éctairer.

À toi de cœur, mon vieux ami.

GEORGE SAND.


DCXLII

À GUSTAVE FLAUBERT, À PARIS


Nohant, 6 août 1867.


Quand je vois le mal que mon vieux se donne pour