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Dans un mois ou six semaines, Jean Robin sera su, Héloïse baissera, et, comme les deux pièces[1] sont courtes, on les jouerait ensemble. Nous aurions, pour Germinet : Arnal ou Lesueur. La saison du printemps sera excellente, vu qu’après un hiver si doux, nous aurons du froid jusqu’en juin. D’ailleurs, on ne quitte plus Paris qu’en plein été. Si les frimas gâtent ton jardin et tes noyers, tu te diras pour consolation : « Ça fait marcher ma pièce ; » car c’est ta pièce autant que la mienne. Nous nous nommons tous deux et nous partageons. Alexandre y voit un succès ; non pas des millions, — ce n’est qu’une pièce en trois actes, — mais assez d’argent pour que ça paye joliment le peu de peine que ça nous a coûté. Il a fini en disant : « Vous vous êtes donné bien du mal pour l’Aldini, qui n’a pas été, et voilà un chef-d’œuvre que vous avez écrit en vous amusant. »

C’est La Rounat qui va faire une drôle de tête, quand il verra que je lui disais vrai, et qu’en huit jours on pouvait lui donner une bonne pièce. Au lieu de ça, il court après la pièce d’Augier, qu’il n’aura pas, dit-on ; et, s’il l’a, réussira-t-elle ? et, si elle réussit, lui fera-t-elle grand bien ? Augier, qui n’est pas bête, se fait donner la moitié des recettes.

En attendant qu’on sache si Augier lui donnera cette pièce, on répète Cadol, que j’ai vu hier et qui est sur les épines, content tout de même ; car il avait

  1. Les Don Juan de village et Héloïse Paranquet.