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vie ; mais, si elle était vieille, vous eussiez pu la peindre tout de suite comme aiguisée et surexcitée, et disposée à souffrir plus que les autres. Au reste, vous avez conclu. Vous avez montré que notre travail d’analyse, à vous, à moi, à tous les artistes qui prennent leur tâche au sérieux, pousse au besoin de se dévouer et de se défendre, deux sollicitations contraires qui rendent la vie plus difficile à nous qu’aux autres. Quelle affaire que la vie ! et la mort ! quel abîme !

Ayez grand courage, vous avez le grand lot.

À vous de cœur.

G. SAND.


DXCV

À GUSTAVE FLAUBERT, À PARIS


Palaiseau, 22 novembre 1865.


Il me semble que ça me portera bonheur de dire bonsoir à mon cher camarade avant de me mettre à l’ouvrage.

Me voilà toute seule dans ma maisonnette. Le jardinier et son ménage logent dans le pavillon du jardin, et nous sommes la dernière maison au bas du village, tout isolée dans la campagne, qui est une oasis ravissante. Des prés, des bois, des pommiers