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Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 3.djvu/55

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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

n’ai que la passion de l’idée, et je crains bien que l’idée ne soit paralysée pour longtemps. Vive l’idée quand même !

À vous.

GEORGE SAND.


CCLXXIX

AU CITOYEN LEDRU-ROLLIN, À PARIS


Nohant, 28 mai 1848.


Cher concitoyen,

Vous ne savez pas que j’écris dans un journal qui vous est hostile, à vous personnellement moins qu’à tout autre, mais qui se fâche de beaucoup de choses et de beaucoup de gens sans que je sois solidaire de toutes les sympathies et de toutes les antipathies de la Rédaction en chef. Vous n’avez pas le temps de lire les journaux sans doute ; mais vous aviez naguère celui de causer de temps en temps quelques minutes avec moi, et je vous impose de me lire ; ce qui, j’espère, ne vous prendra guère plus de minutes qu’à l’ordinaire.

C’est parce que probablement vous ne savez pas que je rédige dans la Vraie République que je veux que vous le teniez de moi ; et ce que je veux que vous sachiez aussi, c’est que je n’accepte pas la responsabi-