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Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 3.djvu/379

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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

donne une organisation patiente et persistante, une sensibilité durable et le sens comtemplatif où repose la foi invincible.

Maintenant, pourquoi et comment pensez-vous que le calme de la volonté soit la satisfaction de l’égoïsme ? À un pareil reproche, je n’aurais rien à répondre, je vous l’avoue ; je ne saurais dire que ceci : Je ne le mérite pas. Mon cœur est transparent comme ma vie, et je n’y vois point pousser de champignons vénéneux que je doive extirper ; si cela m’arrive, je combattrai beaucoup, je vous le promets, avant de me laisser envahir par le mal.

Je répondrai à M. Linton dans quelques jours. C’est une affaire, en somme, et il faut que je m’occupe de cette affaire, c’est-à-dire que je consulte, que je relise des traités : le tout pour savoir si je ne suis pas empêchée pour clause entendue ou sous-entendue, dont je ne me souviens pas. Sous le rapport des intérêts matériels, je suis restée dans un idiotisme absolu ; aussi j’ai pris un homme d’affaires qui se charge de tout le positif de ma vie ; je désire être à même de satisfaire M. Linton et de répondre à ses bonnes intentions. Adieu, mon ami, ne me croyez pas changée, pour vous, ni pour quoi que ce soit.

GEORGE.


fin du tome troisième