Ouvrir le menu principal

Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 3.djvu/148

Cette page a été validée par deux contributeurs.
145
CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

verbe très sage, et non un paradoxe, que Gribouille se jetant dans l’eau de peur de la pluie.

Reviens donc ! il fait si bon ici, et tu es si mal là-bas ! J’en souffre dans tes os et je ne jouis de rien sans toi. Pôtu part décidément jeudi ; sa sœur va mieux, mais sa famille veut absolument voir cette masse de graisse. Je ne pourrai travailler que quand tu seras là. Je n’ai le cœur à rien sans toi. Je t’embrasse mille fois.


CCXCIX

À JOSEPH MAZZINI, À ROME


Nohant, 23 juin 1849.


Ah ! mon ami, mon frère, quels événements ! et comment vous peindre la profonde anxiété, la profonde admiration et l’indignation amère qui remplissent nos cœurs ? Vous avez sauvé l’honneur de notre cause ; mais, hélas ! le nôtre est perdu en tant que nation. Nous sommes dans une angoisse continuelle.

Chaque jour, nous nous attendons à quelque nouveau désastre, et nous ne savons la vérité que bien longtemps après que les faits sont accomplis. Aujourd’hui, nous savons que l’attaque est acharnée, que Rome est admirable, et vous aussi. Mais qu’apprendrons-nous