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Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 3.djvu/121

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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

n’ai pas cette qualité-là pour ce qui concerne ma sécurité personnelle ; mais la passion fait du mal aux autres ; elle est un mauvais enseignement, un magnétisme funeste. J’ai assez de vertu pour me taire, je n’en aurais pas assez pour parler toujours avec douceur et charité. Or croyez bien que la charité seule peut nous sauver.

Cette lettre est toute confidentielle pour vous et vos amis. Mon nom est, à cause du XVIe Bulletin, un épouvantail pour les réactionnaires, et des relations avouées avec moi pourraient vous compromettre sérieusement, je dois vous en prévenir. Si quelque chose dans mes lettres pouvait vous paraître utile à dire, je vous autorise pleinement, puisque vous avez un journal, à le reproduire comme venant de vous ; car ce ne sont pas les choses que je dis qui effrayent et irritent les gens, c’est mon nom.

En ce qui me concerne, j’ai été forcée de refuser à plusieurs amis d’être leur collaborateur, et, si j’écrivais dans votre journal, cela m’attirerait des chagrins personnels.

Recevez, citoyen, l’assurance de mes sentiments de fraternité.

G. SAND.