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Page:Sand - Évenor et Leucippe, Garnier, 1856, tome 1.djvu/241

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là une musique qu’Évenor n’avait jamais cessé d’entendre dans ses rêveries, et dont il avait cherché en vain à s’expliquer le charme douloureux, lorsqu’il voulait en vain penser à se souvenir. Leur effet fut magnétique et, tout aussitôt, mille images distinctes se pressèrent dans son âme. Il revit le verger et la cabane où il avait vécu ses premiers ans ; il vit sa mère et ses sœurs, son père et ses frères, et son aïeul et tous ses jeunes compagnons. Il ressaisit en un instant toute son existence jusqu’au moment où elle avait disparu comme un miroir qui se brise. Alors une incommensurable douleur réveilla toutes les fibres