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Page:Sand - Évenor et Leucippe, Garnier, 1856, tome 1.djvu/117

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vue de certaines personnes, de certaines demeures et de certains paysages, d’une vague réminiscence impossible à expliquer, comme si un abîme de ténèbres nous séparait du moment où nous sommes et de celui où nous avons déjà été dans des circonstances analogues. Deux amis, deux époux qui parcourent ensemble un lieu enchanté, se demandent et se persuadent aisément qu’ils l’ont déjà vu et déjà parcouru ensemble, qu’ils se sont déjà aimés en ce lieu, dans un temps que leur mémoire ne peut préciser, mais dont elle leur retrace les images fugitives et les délicieuses émotions. Oui, nous avons tous