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L’homme, ô Vénus ! peut-il dans ton culte perfide
Trouver le vrai bonheur,
S’il doit sacrifier sur ton autel avide
Ce qui fait sa grandeur ?

Qu’il soit maudit, l’autel dont la flamme dévore
Et la science et l’art,
Qui bannit la pensée et du cœur qui l’adore
Veut le sang pour sa part !

Déesse sans pitié, charmerais-tu le monde
Pour le déshériter ?
Mère de la beauté, tu dois être féconde
Ou ne pas exister.