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BOTRIOCÉPHALE


À M. Coquelin Cadet.



Scène PREMIÈRE

Un bois. BOTRIOCÉPHALE, seul. Il est très jeune, adolescent, d’une grosseur énorme et d’une laideur repoussante.



Botriocéphale.

En vain j’en ai douté longtemps… je suis fort laid.
Un Faune n’est jamais très joli ; mais il est
Des laideurs… vous savez bien ce que je veux dire,
Et ce n’est pas du tout mon cas. J’apprête à rire !
Aussi large que haut, disgracieux, ventru,
Si je parle d’amour je suis un malotru.
— Une Nymphe s’enfuit : c’est pour qu’on la rattrape
Dans les saules ; sa fuite est l’amoureuse trappe
Où se prend la candeur des Faunes ingénus
Immolés par Éros à sa mère Vénus.