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Page:Saint-Pol-Roux - Anciennetés, 1903.djvu/52

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Ici la vierge, liliale et sans astuce,
Est l’opulent écrin qu’ouvrira le mari.
Ici la lèpre fuit les sexes sans prépuce
Et le père jamais n’eut le baiser tari.

Ici tout est charmé, les berceaux et les tombes,
Les bras sont des rameaux, l’esprit est sans verroux,
Les orages sont faits par l’aile des colombes
Et les bercails ne sombrent pas au sein des loups.

Toutefois ce royaume a montré le cou raide
Au Joaillier de ses victorieux matins.
O bouc puant, c’est pour jolir son âme laide
Que je vais te chasser vers les sables lointains.