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1683

921. — DU COMTE DE BUSSY RABUTIN À MADAME DE SÉVIGNÉ ET À CORBINELLI.

Deux jours après que j’eus reçu cette lettre, je fis cette réponse à Mme de Sévigné.

À Chaseu, ce 10e décembre i683.

à madame de sévigné.

Comme j’ai marié des filles, Madame, je me doute de l’embarras qu’on a de marier un garçon[1], et je vous excuse, en cette considération, de ne m’avoir pas fait plus tôt réponse. Deux cent mille francs ont été de tout temps un bon mariage ; mais il est vrai qu’en ce temps-ci[2] la somme est plus considérable qu’elle n’étoit il y a vingt ans. S’il ne s’agissoit que de signer, je souhaiterois le même embarras que vous avez eu, et que vous me souhaitez, mais les suites me le font craindre. Mme de Bussy n’est pas sortie de Paris ; j’avois résolu qu’elle viendroit avec moi en Bourgogne, mais quand j’eus fait réflexion que je devois revenir si promptement, je remis sa sortie à une autre fois[3]

Adieu, ma chère cousine : ma fille et moi nous vous aimons de tout notre cœur, et nous assurons tous deux la belle comtesse[4] de nos très-humbles services.


à corbinelli.

Si le conseil d’Espagne voit qu’il ne puisse pas endurer plus d’outrages de nous qu’il n’a fait, sans perdre sa ré-

  1. Lettre 921. — 1. « De l’embarras que c’est de marier un garçon. » (Manuscrit de la Bibliothèque impériale.)
  2. 2. « Qu’en celui-ci. » (Ibidem.)
  3. 3. « Nous avions résolu qu’elle viendroit avec moi en Bourgogne ; mais quand elle vit que je devois revenir si promptement, son poids ne s’accommoda pas de cette diligence. » (Ibidem.)
  4. 4. « La belle Madelonne. » (Ibidem.)