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Mlle du Plessis est dans son couvent ; j’aime mieux mes figures nocturnes qu’elle. J’embrasse extrêmement[1] mon petit marquis ; vous lui faites plus de bien que dix précepteurs.


1680

819. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MADAME DE GRIGNAN.

Aux Rochers, ce samedi 15e juin.

Je ne réponds rien à ce que vous dites[2] de mes lettres ; je suis ravie qu’elles vous plaisent ; mais si vous ne me le disiez, je ne les croirois pas supportables. Je n’ai jamais le courage de les lire tout entières[3], et je dis quelquefois : « Mon Dieu ! que je plains ma fille de lire tout ce fatras de bagatelles ! » Quelquefois même je m’en repens et crois[4] que cela vous jette trop de pensées, et vous fait peut-être une sorte d’obligation très-mal fondée[5] de me faire réponse[6] : c’est sur cela, ma bonne, que je vous gronde ; eh, mon Dieu ! laissez-moi vous parler et causer avec vous, cela me divertit ; mais ne me répondez point, il vous en coûte trop cher[7], ma chère

  1. 36. Le mot extrêmement n’est pas dans le texte de 1754.
  2. Lettre 819 (revue sur une ancienne copie). — 1. « Je ne réponds point à ce que vous me dites. » (Éditions de 1737 et de 1754.)
  3. 2. Mme de Sévigné a écrit « toutes entières. » C’est la leçon du manuscrit et de l’édition de 1737 ; celle de 1754 porte « tout entières. » Voyez tome I, p. 346, note 2.
  4. 3. « Quelquefois même je me repens de tant écrire ; je crois, etc. » (Édition de 1754.) — Le texte de 1737, conforme au nôtre pour le commencement de la phrase, donne aussi je crois, au lieu de et crois.
  5. 4. Les mots très-mal fondée ne sont que dans notre manuscrit.
  6. 5. À la suite de ces mots faire réponse, le texte de 1737 donne seulement : « eh ! laissez-moi causer avec vous, » et celui de 1754 : « ah ! laissez-moi causer avec vous. »
  7. 6. Ce qui suit, depuis : « ma chère bonne, » jusqu’à : « votre