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Georges en prit une seconde pincée et voulut les mettre de force dans la bouche de Geneviève, qui se mit à courir en riant. Georges l’attrapa et lui mit dans la bouche ouverte les fraises qu’il tenait ; elle voulut les cracher, mais Georges lui ferma la bouche avec sa main ; elle fut obligée de les avaler ; Georges mangea le reste des fraises, ses mains en étaient pleines ; il se lava la bouche et les mains ; à peine avait-il fini, que M. Dormère les appela. Georges descendit en courant. Geneviève saisit son chapeau et le suivit de près. M. Dormère inspecta d’abord la toilette de Georges et la trouva très bien. Il examina ensuite celle de Geneviève.

Au premier coup d’œil il aperçut les traces des fraises.

M. Dormère.

Qu’est-ce que cela ? Tu en as donc mangé ?

Geneviève.

Non, mon oncle ; je n’ai pas voulu en manger.

M. Dormère.

Tu mens joliment, ma chère amie. Pourquoi alors as-tu des taches de fraises sur ta figure, sur tes mains, sur ta robe même ?

— Mon oncle, je vous assure, dit Geneviève les larmes aux yeux, que je ne voulais pas en manger. C’est Georges qui…

M. Dormère.

Bon, voilà encore Georges que tu vas accuser. Tu ne me feras pas croire que lorsque je vois ta