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DANS UN CHEMIN DE VIOLETTES

 
Dans l’air la merveilleuse odeur de violettes,
Nos doigts entrelacés et nos lèvres muettes.
 
Les rosiers roux ont la couleur de tes cheveux
Et nos cœurs sont pareils... Je veux ce que tu veux.

Tout le jardin autour de nous, ma bien-aimée,
Et la brise embaumant ta face parfumée.

Nulle n’a la splendeur de tes cheveux flottants
Ni le charme de ton sourire, ô mon Printemps !

De tout mon cœur avide et chantant je te loue.
Nulle n’a le contour précieux de ta joue,

Nulle n’a ce regard incertain qui me plaît
Mêlé de gris aigu, de vert, de violet.

Dans l’énorme univers nulle ne te ressemble
C’est pourquoi près de toi mon désir brûle et tremble.

Je le sais, ton regard n’a pas de loyauté
Et ta bouche a menti... Que j’aime ta beauté !

Règne sur moi toujours, préférée et suprême...
Que tes plus petits pas sont charmants. — Que je t’aime

(Sillages.)


HYMNE A LA LENTEUR


 
Parmi les thyms chauffés et leur bonne senteur
Et le bourdonnement d’abeilles inquiètes,
J’élève un autel d’or à la bonne Lenteur
Amie et protectrice auguste des poètes.