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Notre lit sera plein de fleurs qui frémiront,
Et l’orgue clamera la nuptiale ivresse
Et le sanglot aigu pareil à la détresse,
Dans l’ombre où tu pâlis comme un lys infécond.

Peut-on s’empêcher de penser au fameux sonnet de Baudelaire :

 
Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères...


Aussi bien, la poésie de Mlle Renée Vivien offre un curieux mélange ; gréco-romantique pour l’inspiration, la forme en est nettement parnassienne. Avec ceci et cela, elle a su se créer une véritable originalité, Mais, en définitive, le côté le plus curieux de son talent n’est-ce pas encore le caractère spécial de ses amours !.....

BIBLIOGRAPHIE. — Poésies. — Études et Préludes, A. Lemerre, Paris, 1901, in-18. — Cendres et Poussières, A. Lemerre, Paris, 1902, in-18. — Évocations, A. Lemerre, Paris, 1903. in-18. — Sapho (traduction et paraphrase), A. Lemerre, Paris, 1903. — La Vénus des Aveugles, A. Lemerre, Paris, 1904, in-18. — À l’heure des mains jointes, A Lemerre, Paris, 1906, in-18. — Flambeaux éteints, Sansot et Cie, Paris, 1907, in-4°. — Sillages, Sansot et Cie. Paris, 1908,in-8°.

Prose. — Brumes des Fjords, contes, Paris, 1902. — Du vert au violet, nouvelles, Paris, 1903. — Les Kitharèdes (traduction), Paris, 1904. — La Dame à la Louve, nouvelle, Paris, 1904. — Une Femme m’apparut, roman, Paris, 1904.

CONSULTER. — Charles Maurras, L’Avenir de l'Intelligence, Paris, 1905. in-16. — Paul Flat, Nos Femmes de Lettres, Paris, 1908. in-18. — J. Ernest-Charles, Les Samedis littéraires (2e et 3e séries) Paris, 1904-1905. — G. Casella et E. Gaubert, La Nouvelle Littérature, Paris, 1908. in-18.

INVOCATION


Dans l’Hadès souterrain où la nuit est parfaite
Te souviens-tu de l’île odorante, ô Psappha ?
Du verger où l’élan des lyres triompha,
Et des pommiers fleuris où la brise s’arrête ?
 
Toi qui fus à la fois l’amoureuse et l’amant
Te souviens-tu d’Atthis, parmi les ombres pâles,
De ses refus et de ses rires, de ses râles,
De son corps étendu, virginal et dormant ?...