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nous avons passés avec un livre préféré. Tout ce qui, semblait-il, les remplissait pour les autres, et que nous écartions comme un obstacle vulgaire à un plaisir divin : le jeu pour lequel un ami venait nous chercher au passage le plus intéressant, l’abeille ou le rayon de soleil gênants qui nous forçaient à lever les yeux de sur la page ou à changer de place, les provisions de goûter qu’on nous avait fait emporter et que nous laissions à côté de

    fourni quelques nouvelles. Je les ai fait suivre des mots « nous dit la Library Edition », ne lui ayant jamais emprunté un renseignement sans indiquer immédiatement d’ou il m’était venu. Quant aux rapprochements avec le reste de l’œuvre de Ruskin on remarquera que la « Library Edition » renvoie à des textes dont je n’ai pas parlé, et que je renvoie à des textes qu’elle ne mentionne pas. Ceux de mes lecteurs qui ne connaissent pas ma préface à la Bible d’Amiens trouveront peut-être que, venant ici le second, j’aurais dû profiter des références ruskiniennes de MM. Cook et Wedderburn. Les autres comprenant ce que je me propose dans ces éditions ne s’étonneront pas que je ne l’aie pas fait. Ces rapprochements tels que je les conçois sont essentiellement individuels. Ils ne sont rien qu’un éclair de la mémoire, une lueur de la sensibilité qui éclairent brusquement ensemble deux passages différents. Et ces clartés ne sont pas aussi fortuites qu’elles en ont l’air. En ajouter d’artificielles, qui ne seraient pas jaillies du plus profond de moi-même fausserait la vue que j’essaye, grâce à elles, de donner de Ruskin. La Library Edition donne aussi de nombreux renseignements historiques et biographiques, souvent d’un grand intérêt. On verra que j’en ai fait état quand je l’ai pu, rarement pourtant. D’abord ils ne répondaient pas absolument au but que je m’étais proposé. Puis la Library Edition, édition purement scientifique, s’interdit tout commentaire sur le texte de Ruskin, ce qui lui laisse beaucoup de place pour tous ces documents nouveaux, tous ces inédits dont la mise au jour est à vrai dire sa véritable raison d’être. Je fais au contraire suivre le texte de Ruskin d’un commentaire perpétuel qui donne à ce volume des proportions déjà si considérables qu’y ajouter la reproduction d’inédits, de variantes, etc., l’aurait deplorablement surchargé. (J’ai dû renoncer à donner les Préfaces de Sésame, et la 3e Conférence que Ruskin ajouta plus tard aux deux primitives.) Tout ceci dit pour m’excuser de n’avoir pu profiter davantage des notes de MM. Cook et Wedderburn et aussi pour témoigner de mon admiration pour cette édition vraiment définitive de Ruskin, qui offrira à tous les Ruskiniens un si grand intérêt.