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et où le charbon, vous comprenez qu’il y a en ceci quelque utilité ; mais cet accident d’un homme découvrant comment il peut s’employer lui-même utilement est-il le moins du monde à votre honneur ? (Qu’aucune telle découverte n’ait été faite par ses frères hobereaux est peut-être à votre déshonneur si vous voulez y songer.)

Mais si ces généralités vous laissent sceptiques, il y a un fait à méditer pour vous tous, illustratif de votre amour de la science. Il y a deux ans, une collection de fossiles de Solenhofen était à vendre en Bavière ; la plus belle qui existât, contenant de nombreux spécimens d’une beauté unique, dont l’un unique en outre comme exemple d’espèce (un règne entier de créatures vivantes était révélé par ce fossile)[1]. Cette collection, dont la simple valeur marchande, si les acheteurs eussent été des particuliers, était probablement de quelque dix ou douze cents livres, fut offerte à la nation anglaise pour sept cents ; et toute la collection serait au musée de Munich si le professeur Owen[2], en donnant sont temps et en tourmentant sans se lasser le public anglais dans la personne de ses représentants, n’avait obtenu le versement immédiat de quatre cents livres et n’avait répondu lui-même des trois cents autres ! que le dit public lui paiera sans doute en fin de

  1. La « Library Edition » nous apprend que ce fossile était l’archéoptéryx. (Note du traducteur.)
  2. Je livre le fait à la publicité sans l’autorisation du Professeur Owen, autorisation que, bien entendu, il n’aurait pu décemment m’accorder si je la lui avais demandée, mais je considère comme si important que le public soit instruit de cette affaire que je fais ce qui me semble mon devoir, quoique ce soit mal élevé. (Note de l’auteur.)