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de travers ou de le marmotter entre nos dents, comme s’il était l’arme d’une secte ennemie : c’est une assertion solennelle, universelle, qui doit être gravée profondément dans l’esprit de toutes les sectes. Mais peut-être serons-nous plus aptes à en raisonner si nous allons un peu plus loin et y revenons ensuite. Car certainement cette insistance marquée sur le pouvoir du véritable épiscopat a pour but de nous faire sentir avec plus de force ce qu’il y a à reprocher à ceux qui prétendent, sans y avoir des droits, à l’Épiscopat, ou d’une manière générale à ceux qui prétendent sans y avoir de droits à un pouvoir et à un rang dans le corps du clergé : tous ceux qui, « pour l’amour de leurs ventres, rampent, se faufilent et grimpent dans le troupeau ».

21. N’ayez jamais la pensée que Milton emploie ces trois mots pour remplir son vers, comme le ferait un mauvais écrivain[1]. Il a besoin de tous les trois, de ces trois-là en particulier, et de pas un de plus que ceux-là — « ramper », et « se faufiler », et « grimper » ; aucun autre mot ne pourrait faire l’office de ceux-ci, aucun ne pourrait leur être ajouté, car ils contiennent et ils épuisent les trois catégories, correspondant aux caractères d’hommes qui recherchent malhonnêtement le pouvoir ecclésiastique. Pre-

  1. Cf. : « Vous êtes surpris d’entendre parler d’Horace comme d’une personne pieuse. Il nous semble toujours quand il emploie le mot Jupiter que c’est qu’il lui manquait un dactyle. » (Val d’Arno, IX, 218, etc.). « Vous croyez que tous les vers ont été écrits comme exercice et que Minerve n’est qu’un mot commode pour mettre comme avant-dernier dans un hexamètre et Jupiter comme dernier. (The Queen of the air, I, 47, 48.) (Note du traducteur.)