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plaine, dans la clairière et le bocage, sentira un pouvoir omniprésent, éveiller et contenir. Les nuages flottants lui prêteront leur majesté ; à elle la souplesse du saule ! « Jamais non plus elle ne manquera de discerner, même dans les mouvements de la tempête, la grâce qui moulera les formes de la jeune fille par une sympathie silencieuse. Et des sentiments vivifiants la feront croître à sa taille de reine, feront naître sa poitrine virginale. Oui, ces pensées je les donnerai à Lucie, tandis qu’elle et moi nous vivrons ensemble, ici, dans cet heureux vallon. »


Des sentiments de joie « vivifiants » ; observez bien les mots. Il est des sentiments de joie qui apportent la mort ; mais ceux qui sont naturels sont vivifiants, nécessaires à toute vraie vie.

Et s’ils doivent être des sentiments de vie, ils seront des sentiments de joie. N’espérez pas pouvoir rendre gracieuse une jeune fille, si vous ne la rendez d’abord heureuse. Toute contrainte imposée à une enfant bonne, toute opposition mise à ses instincts d’amour et d’effort, restera imprimée sur ses traits en caractères indélébiles, dont la dureté est d’autant plus douloureuse, qu’elle enlève sa brillante lumière au regard innocent, et le charme au front de la vertu.

71 . Voilà donc pour les moyens ; maintenant notez bien la fin. — Vous trouvez chez le même poète, en deux vers, une parfaite description de la beauté de la femme.