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drale[1], elle est à l’entrée de notre cœur. Ce prophète-là a cessé de faire entendre sa voix. Mais c’est qu’il a fini de dire toutes ses paroles. C’est aux générations de les reprendre en chœur.

  1. M. André Michel qui nous a fait l’honneur de mentionner cette étude dans une causerie artistique du Journal des Débats semble avoir vu dans ces dernières lignes une sorte de regret de ne pas trouver la statue de Ruskin devant la cathédrale, presque un désir de l’y voir et, pour tout dire, poindre déjà le projet de demander qu’on l’y élève un jour. Rien n’était plus loin de notre pensée. Il nous suffit, et il nous plaît mieux, de rencontrer Ruskin chaque fois que nous allons à Amiens sous les traits du « Voyageur mystérieux » avec qui Renan conversa en Terre Sainte. Mais enfin, puisqu’on dresse tant de statues (et puisque M. André Michel nous en donne l’idée qui ne nous serait jamais venue à l’esprit), avouons qu’une statue de Ruskin à Amiens aurait au moins, sur une autre, l’avantage de signifier quelque chose. Nous le voyons très bien sur une des places d’Amiens « comme un étranger descendu dans la ville », comme dit, du bronze d’Alfred de Vigny, M. Boislèves.