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quatrième, cinquième où quantième fois — dans l’année 1220. Car c’était une chose extraordinairement difficile pour le petit Amiens qu’un travail pareil fût bien exécuté tant le diable travaillait durement contre lui. Il bâtit sa première église épiscopale (guère plus que le tombeau-chapelle de Saint-Firmin) vers l’an 350, juste à côté de l’endroit où est la station du chemin de fer sur la route de Paris[1]. Mais après avoir été lui-même à peu près détruit, avec sa chapelle et le reste, par l’invasion franque, s’étant ressaisi et ayant converti ses Francs, il en bâtit une autre, et une cathédrale proprement dite, dans l’emplacement de l’actuelle, sous l’évêque Saint-Save (Saint-Sauve ou Salve). Mais même cette véritable cathédrale était toute en bois, et les Normands la brûlèrent en 881. Reconstruite, elle resta debout deux cents ans ; mais fut en grande partie détruite par la foudre en 1019. Rebâtie de nouveau, elle et la ville furent plus ou moins brûlées ensemble par la foudre en 1107. Mon auteur dit tranquillement : « Un incendie provoqué par la même cause détruisit la ville, et une partie de la cathédrale. » La « partie » ayant été rebâtie encore une fois, le tout fut de nouveau réduit en cendres, « réduit en cendres par le feu du ciel en 1218, ainsi que tous les titres, les martyrologes, les calendriers, et les archives de l’évêché et du chapitre ».

C’était alors la cinquième cathédrale, d’après mon compte, qui était en « cendres » selon M. Gilbert — en ruine certainement — déchéante — et une ruine qui eût été l’absolu découragement pour les habitants d’une ville

  1. À Saint-Acheul. Voyez le chapitre I de ce livre et la Description historique de la cathédrale d’Amiens, par A. P. M. Gilbert, in-octavo, Amiens, 1833, p. 3-7. — (Note de l’Auteur.)