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victoire inspirée de David[1], et finalement du miracle opéré pour la défense du plus favorisé et fidèle des grands prophètes[2], suit son cours symbolique parallèlement à la fable dorienne. Mais la légende de saint Jérôme reprend la prophétie du Millenium et prédit, avec la Sibylle de Cumes[3], et avec Isaïe, un jour où la crainte de l’homme ne sera plus chez les êtres inférieurs de la haine mais s’étendra sur eux comme une bénédiction, où il ne sera plus fait de mal ni de destruction d’aucune sorte dans toute l’étendue de la Montagne sainte[4] et où la paix de la terre sera tirée aussi loin de son présent chagrin, que le glorieux univers animé l’est du désert naissant, dont les profondeurs étaient le séjour des dragons, et les montagnes, des dômes de feu. Ce jour-là aucun homme ne le connaît[5], mais le royaume de Dieu est déjà venu[6] pour ceux qui ont dompté dans leur propre cœur

    corps du lion un essaim d’abeilles et du miel… Et il leur dit : « De celui qui dévorait est procédée la nourriture, et la douceur est sortie de celui qui est fort » (Songes, XIV, 5-20). — (Note du Traducteur.)

  1. Contre un lion (I Samuel, xvii, 34-38). — (Note du Traducteur.)
  2. Daniel. (Voir Daniel, chap. vi). — (Note du Traducteur.)
  3. Allusion probable à Virgile :

    « Nec magnos metuent armenta leones. »

    (Églogues, IV, 22.) — (Note du Traducteur.)
  4. « On ne nuira point, et on ne fera aucun dommage à personne dans toute la montagne de ma Sainteté » (Isaïe, XI, 9). — (Note du Traducteur.)
  5. « Pour ce qui est de ce jour et de cette heure, personne ne le sait. » Saint-Mathieu, xxiv, 36). — (Note du Traducteur.)
  6. Voir la même idée dans Renan, Vie de Jésus, et notamment pages 201 et 295. Renan prétend que cette idée est exprimée par Jésus et s’appuie sur saint Matthieu, vi, 10, 33 ; — saint Marc, xii, 34 ; — saint Luc, xi, 2 ; xii, 31 ; xvii, 20, 21. Mais les textes sont bien vagues, excepté peut-être saint Marc, xii, 34, et saint Luc, xvii, 21. — (Note du Traducteur.)